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Elrich Marbh & Augustus O'Callaghan



 
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 ( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans

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Cilian O'Callaghan
we stole from death

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Occupation : Etudiant en médecine, pour se spécialiser en chirurgie.
Élément : Terre. Il a connecté lorsqu'il avait 16 ans, lors d'un accident de voiture dans les bois. La terre l'a sauvé.
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MessageSujet: ( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans   Dim 28 Fév - 16:23


mistaken for a vision,
something of my own creation

ft/Saoirse O'Callaghan

Caché par un pan de ruines, Cilian venait de terminé son rituel. Pour une fois, il l’avait fait seul. Il n’y avait ni Elric, ni Lyle, c’était juste lui et sa victime. Une femme, blonde, comme toujours. Elle avait les traits qui ressemblaient un peu à ceux de sa mère (et sa soeur). Cilian avait un type de victime bien défini. Il aurait pu s’en prendre aux hommes ressemblant à son père, puisqu’il le détestait encore plus qu’il détestait sa mère mais il avait plus de mal à les trouver… Et puis, c’était sa mère qui lui avait principalement cassé les couilles. Son père, lui, se contentait de ne pas l’accepter. Il n’avait pas accepté son orientations sexuelle, ses choix, ses envies, bref tout ce qui le définissait. Il semblait détester cet efant arrivé près de dix ans après les deux ainés, et Cilian ignorait pourquoi. Le seul O’Callaghan que Cilian appréciait était Augustus, son grand-frère, qui ne l’avait d’ailleurs plus contacté depuis un petit temps. Cilian ne se posait pas plus de questions que ça, il savait qu’Augustus avait de plus en plus de mal à cacher le mensonge à Saoirse. Peut être qu’en l’ignorant un petit moment, il pouvait agir plus facilement comme si Cilian était mort ? Le sorcier ne se posait que peu de questions, au final.

Le rituel se terminant, Cilian avait glissé un de ses doigts couvert de sang dans sa bouche, et le suçotait doucement alors que, de son autre main, il rangeait son matériel dans son sac. Il glissa un second doigt dans sa bouche alors qu’il tournait son poignet pour regarder l’heure. Il était à peine plus tard que deux heures du matin et il avait encore quelques heures à passer dehors. A cause de la malédiction de sa Mère, il ne pouvait pas rentrer à l’intérieur pendant la nuit de pleine lune. Cilian ne s’inquiétait jamais beaucoup à propos des loups : il n’en avait encore jamais croisé un pendant une pleine lune. Par contre, il s’inquiétait des chasseurs. Après avoir remballé ses affaires, il passa la sangle de son sac à bandouillère sur son épaule gauche, laissant le sac pendre à sa droite. Cilian ne prit pas la peine d’enterrer sa victime. Celle-là était un cadeau spécial à son ancien amant : la jeune blonde était la nouvelle fille sur qui Adam avait jeté son dévolu. Cilian n’avait pas hésité avant de la prendre comme cible. Adam lui appartiendrait toujours, et Cilian voulait lui faire passer ce message. Il s’approcha du corps, dégagea son visage des cheveux qui le barraient, et lui ferma tout de même les yeux. Malgré les apparences, malgré son statut de sorcier : Cilian n’aimait pas tuer. Il n’étudiait pas la médecine pour rien, après tout : il voulait sauver plus d’âmes qu’ils n’en sacrifierait au cours de sa vie. Le jeune sorcier prononça une autre courte prière, destinée à son Père, pour l’âme de la jeune fille et puis, il décampa.

Il devait passer quelques heures ici, et les ruines lui semblaient être un bon endroit. Il devait trouver des murs, mais pas de toit : sinon il serait touché par la malédiction. Le blond suivi son instinct, lié à la terre. Il suivait les instructions silencieuses de son élément, avec qui il avait connecté il y a quelques années. Celles-ci le conduisirent derrière un autre pan de ruines. Trois murs, un morceau de toit qui semblait sur le point de s’écraser. Cilian alla s’installer dans un coin, assis par terre et le dos contre le mur. Il était sur le point de s’assoupir quand il entendit un bruit, qui le réveilla en sursaut.

Un loup.


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Saoirse O'Callaghan
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MessageSujet: Re: ( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans   Mer 9 Mar - 1:30


cilian, saoirse
Nous étions deux étrangers qui se connaissaient très bien.

Pour une journée entière encore, le cœur de Saoirse s'était agité – elle le sentait battre dans ses tempes, entendait le moindre de ses battements résonner en elle. Elle aurait aimé se tromper, et pourtant; assise devant son calendrier, elle n'avait pas eu l'air aussi désespérée depuis un mois. Les larmes lui montaient aux yeux – mais elle les ravalait, au dernier moment. Elle refusait de craquer.
Assez tristement, elle aurait toute la vie pour craquer – parce que cette malédiction qui semblait s'être emparé de sa vie ne s'arrêterait jamais. Elle verrait l'horreur qui sommeille en elle, chaque mois pour une nuit – quant au reste de sa vie, elle le passerait effrayée à penser à cette chose. Un soupir désespéré força son chemin hors de ses lèvres. La nuit n'allait pas tarder à tomber, et le monstre à se réveiller. Alors elle passa la porte, à contrecœur. Rien ne l'attendait de l'autre côté, mais si elle était sûre d'une chose c'était de ne pas pouvoir maîtriser l'animal. Saoirse ne s'encombra ni d'un manteau ni de ses clés – se contentant d'utiliser le double qui trônait depuis toujours sur le rebord de la porte d'entrée. Pas de talons, les cheveux en bataille et des cernes plus longues que ses jambes – la Lune ne scintillait pas encore qu'elle n'était déjà pas elle-même.
Et pourtant, elle savait que cette putain nocturne ne tarderait pas à s'imposer, glorieuse, à la vue de tous, à trôner comme une reine au beau milieu de l'infinité du ciel. Elle avait passé des nuits entières à l'observer, dans son adolescence – son père lui avait même offert un télescope pour la découvrir de plus près, plus en détails. La Lune l'avait passionné, sans qu'elle sache jamais pourquoi c'était elle et pas une autre; ce qui lui arrivait maintenant n'était peut-être qu'un retour de bâton, une preuve de l'intérêt que la Lune lui portait, cette fois. Si elle avait su, elle aurait laissé tomber son télescope du balcon pour être sûre qu'il ne s'en remette pas et aurait systématiquement fermé ses volets à la tombée de la nuit pour ne pas prendre le risque de trop regarder la Lune. Ah, si elle avait su, tellement de choses auraient été différentes.

☼ ☼ ☼


Le ciel s'était mit en veille et Saoirse sentait sa seconde nature s'éveiller peu à peu. Elle avait à peine eu le temps de s'éloigner de la ville avant de se forcer à retenir un cri à réveiller les morts. Chaque transformation semblait être plus longue que le souvenir qu'elle avait des dernières, et chacune plus douloureuse. Elle n'aurait pas eu plus mal si on lui avait déchiré les entrailles ou que l'on avait arraché la peau de son visage. Bien plus qu'une simple douleur, le choc venait de l'intérieur, et la peur la pétrifiait en plus du reste. Elle avait mal de savoir ce qu'elle allait être pour cette nuit encore, et mal de savoir qu'elle n'était capable de rien, rien du tout, pour en venir à bout. La panique l'aurait gagné si elle en avait eu le temps, mais Saoirse n'était déjà plus qu'une petite partie d'esprit perdue dans un grand corps. Un grand corps dont elle ne reconnaissait pas les pattes élancées ni même le pelage qui le recouvrait. Un grand corps dont la vision décuplée et l'ouïe fine lui filait la migraine. Un grand corps qui ressemblait fortement au pire de ses cauchemars. Saoirse aurait voulu soupirer, mais elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait plus grand chose, sinon attendre que le temps passe.
La part lupine d'elle-même la faisait aller à une allure folle, qui lui aurait fait gagner un temps fou si elle avait été capable de se transformer le temps de couvrir la distance appartement/travail, et elle gagnait déjà l'orée de la forêt. Autant que possible, avant de se transformer, elle fuyait la ville et les gens – ses crocs n'avaient encore pas fait couler de sang, et elle aurait aimé que ça continue.
Et pourtant, un parfum l'attirait. Un peu lointain, mais pas suffisamment pour l'empêcher d'aller voir. Saoirse, ou ce qu'il restait d'elle, s'en approchait avec précaution – c'était un parfum qu'elle n'avait pas l'habitude de sentir, quelque chose qu'elle connaissait pourtant mais à laquelle elle n'avait jamais fait attention. Quelque chose d'intrigant, qui la repoussait et qu'elle ne pouvait pourtant pas s'empêcher d'aller voir.
Et quand elle le vit, elle aurait préféré être aveugle. L'humaine en elle hurlait à n'en plus pouvoir, mais la louve ne lâchait qu'un léger grognement. Il était là. Il était là, et bien réel. Mieux encore : bien vivant. Elle n'en croyait pas ses yeux et en même temps n'avait jamais pu croire au contraire. Un tas de choses lui passaient à l'esprit – elle aurait voulu courir et lui sauter dessus, le serrer dans ses bras, ne jamais le laisser partir. Elle tentait autant que possible de combattre l'animal qui la dominait et s'approchait de Cilian, en prédateur – même si le contexte ne lui convenait pas, le simple fait de pouvoir se dire qu'elle s'approchait de lui semblait être une bénédiction.
Et pour un instant, un à peine – presque imperceptible –, elle réussit quelque chose : plutôt qu'un grognement, c'est le silence qui s'empara d'elle. Plutôt qu'un prédateur, c'était une sœur qui revenait de cinq ans de désespoirs à s'opposer à la mort de son cher petit frère, qui hurlait dans ses yeux. Mais l'instant passé, la louve reprit le contrôle; d'un grand coup, elle renversa le sorcier et vint s'imposer au-dessus de lui, sans lui laisser d'autre choix. Et Saoirse devait bien admettre qu'une partie d'elle mourrait d'envie de le mordre un bon coup.

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Cilian O'Callaghan
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MessageSujet: Re: ( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans   Dim 13 Mar - 16:46


mistaken for a vision,
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ft/Saoirse O'Callaghan

C’était la première fois que Cilian se retrouvait seul et nez-à-nez avec un loup. Et il savait que ce n’était pas juste un loup ordinaire, car celui-ci était deux fois plus grand que la normale et puis… Il y avait cette aura. Différente, la même que celles des loups garous qui marchent sur deux pattes d’hommes. Le blond n’osait plus bouger, de peur de faire réagir la créature du diable en face de lui. Evidemment, il n’allait sans dire qu’il n’avait aucun moyen de reconnaître sa soeur ainée. Il ignorait tout de ce qu’était devenue Saoirse, car quand Augstus commençait à parler d’elle, il finissait par racrocher assez rapidement. Elle était comme eux, comme ceux qui ne l’avaient pas accepté et il ne voulait plus rien avoir à faire avec elle. Et pourtant, elle était là, juste en face de lui, et elle allait probablement le tuer sans même qu’il sache que c’était elle.

Cilian réfléchissait à ce qu’il pouvait faire, son cerveau embrumé par le sommeil qui l’avait pris quelques instants auparavant se réveillait doucement. Il n’osait pas détourner le regard et chercher pour une issue. Il avait peur que le loup profite de cet instant de faiblesse pour lui bondir à la gorge. Mentalement, Cilian se remercia d’avoir pensé à prendre sa décoction d’aconit. Peut être que son sang aurait une trop mauvaise odeur ? Et que le loup le lâcherait. Mais la bête semblait hésiter aussi. Cilian vit une opportunité, il se releva doucement mais l’instant d’après, le prédateur lui bondit dessus et il se retrouva plaqué au sol. Une grimace de douleur tordit ses traits, alors que son dos se retrouvait plaqué contre une pierre un peu trop pointue. Il fallait attaquer et vite. Cilian n’eut qu’à penser aux racines qui jaillissaient du sol pour venir encercler la gueule du loup et l’empêcher de le mordre que, déjà, les racines agissaient en son sens. Même les griffes étaient dangereuses, Cilian devait faire attention à ce qu’elles n’entrent pas en contact avec son sang, ou s’en était fini de lui. Il ordonna mentalement aux racines de tirer la bête plus loin, et sans un regard en arrière il bondit sur ses deux jambes pour s’échapper. Le loup était fort, bien plus fort qu’un loup normal ou qu’un humain et Cilian savait que les racines ne tiendraient pas longtemps. La dernière fois qu’ils s’étaient défendu comme ça, c’était contre un chasseur, et Adam avait réussi à se défaire des liens végétaux assez facilement alors un loup ? Cilian couru plus rapidement encore mais il entendit bientôt les pas, lourds et pourtant légers, de la bête qui le talonnait. Il couru plus vite, ses jambes brûlaient sous l’effort qu’il devait développer pour maintenir la distance. Et finalement, il décida de grimper à un arbre. Les branches de l’arbre se mirent à bouger pour l’aider, elles formaient des prises plus simples pour le sorcier de la terre et Cilian chuchotait des prières à sa Mère pour qu’elle l’aide.

Mais sa Mère était silencieuse. C’était leur malédiction, aux sorciers : mourir par les crocs de ces êtres qu’ils avaient voulu sauver. Cilian ne comprenait pas l’instinct maternel déréglé de la Déesse mais il refusait de se poser plus de question que ça. Que ce soit Elle ou sa mère biologique, il ne comprenait pas l’instinct maternel tout court. Le blond se percha sur une grosse branche, ses doigts caressèrent l’arbre doucement alors qu’il se penchait pour regarder en bas. Il n’était pas aller très haut, mais assez haut pour que le loup ne sache pas le rejoindre. « Va plutôt te trouver un humain à croquer ! » son souffle était court, et il n’avait pas l’intention de rester là toute la nuit donc, si ce loup pouvait partir Cilian en serait été heureux.

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Saoirse O'Callaghan
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MessageSujet: Re: ( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans   Jeu 17 Mar - 0:40


cilian, saoirse
Nous étions deux étrangers qui se connaissaient très bien.

Saoirse ne se ferait jamais à ces transformations qu'elle considérait contre-nature. Le pelage la grattait et peu habituée à contrôler une vision et une ouïe si développées, la nuit était longue à passer. Cette fois-ci, elle aurait même juré avoir une migraine – pourtant, elle n'avait jamais lu, dans aucun roman de science-fiction, qu'un loup-garou avait des maux de tête. Trop de choses se passaient pour qu'elle puisse ne pas les relever – elle n'avait jusque là jamais croisé que des loups à la pleine lune. Elle avait conscience qu'un instinct animal s'emparait d'elle, qu'elle changeait et ne contrôlait plus rien, mais elle n'avait pas encore été confrontée à la dure réalité qui l'opposait à ce qu'elle avait toujours été – elle n'avait jamais vraiment ressenti le besoin de mordre, ni même de faire couler le sang. Ça l'avait prit à la gorge en voyant Cilian, comme si c'était elle qu'on prévoyait d'attaquer. Ça lui avait serré le cœur, parce qu'elle avait été de l'autre côté des crocs il y a quelques mois; parce qu'elle n'avait jamais eu aussi peur, que son sang n'avait jamais été si agité. Et de tous les gens au monde... bordel, de tous les gens au monde, si elle avait pu n'en sauver qu'un, ç'aurait été Cilian. Ç'aurait été Cilian, dès qu'elle avait croisé son regard, dès qu'il été entré dans leur famille. Ç'aurait été Cilian même quand elle avait perdu tout espoir, même quand elle était amoureuse, même quand elle le haïssait de les avoir fui. Toujours Cilian. Toujours Cilian.
La louve continuait à grogner, triomphante sur le corps du sorcier, mais c'était davantage pour la part d'humanité en elle qui s'indignait de cette attaque qu'elle n'avait pas choisie. Il y avait quelque chose en Cilian qu'elle n'avait jamais remarqué, quelque chose de changé, quelque chose en moins – ou en plus – mais elle était incapable de savoir quoi. Elle n'aurait même pas su dire avec certitude si ça venait d'elle, ou bien de lui; ce qu'elle savait en revanche, c'est qu'elle l'avait déjà ressenti. Elle avait déjà eu ce genre de sensation – bien moins poussée cependant – face à Nolan. Une horreur qui l'éloignait tant de l'un que de l'autre, autant que ça la poussait à s'en approcher – pour mieux attaquer.
Saoirse sentait sa gueule se rapprocher de son frère, mais on l'empêcha d'aller plus loin. Elle jeta un coup d’œil de chaque côté, s'agitant dans la panique comme elle le pouvait – elle était non seulement retenue, mais il semblait que son ennemi le plus virulent soit une racine. Ça pouvait être ridicule, mais elle y voyait surtout la partie incompréhensible. Il avait fait ça. Saoirse réussit à dégager son museau, se défaisant en vitesse de ses autres liens avant de suivre la trace de Cilian. Elle lui colla le train jusqu'à ce qu'il grimpe un arbre, et qu'elle ne puisse que grogner depuis en bas. La louve se dressait contre le tronc, tendant d'attaquer les jambes de son frère trop haut pour elle, jusqu'à en couiner de désespoir – de louve, la voilà devenue un vulgaire chiot abandonné.
Et, dans son dos, la Lune disparaissait. Le temps passait à une vitesse folle, à tel point qu'elle n'avait rien vu changer – le jour lui brûla les yeux d'un seul coup comme s'il n'y avait eu aucune transition naturelle. Pire encore : son corps changea tout aussi vite. Il n'y avait rapidement plus de crocs, plus aucun pelage autre que sa crinière blondie par les rayons qui s'y reflétaient; et de l'agressivité de la louve était née le désespoir de la sœur. Nue au sol comme une malpropre, tremblant face au vent qui lui griffait la peau, Saoirse n'osait qu'à peine lever les yeux vers Cilian. Elle avait eu peur qu'il n'ait été qu'une hallucination, un fléau de plus à supporter les soirs de pleine lune, et pourtant : il était là. Il n'était pas un songe, encore moins une chimère; plus vrai et vivant qu'il ne l'avait jamais été, Cilian était bien là.
Est-ce qu'il y avait seulement quelque chose à faire, dans leur situation ? Elle aurait voulu lui sauter au cou, à la foi pour l'étrangler et l'enlacer, mais elle se retrouvait terrifiée de faire face à ce fantôme et ne pouvait que se rouler en boule contre le grand tronc. Est-ce qu'elle était sensé dire quelque chose ? Elle avait eu cinq ans pour y penser; elle avait toujours été persuadée d'avoir un millier de choses à lui dire, mais rien ne lui venait. Sa main se heurta contre sa bouche, retenant un sanglot avec qu'elle cherchait son regard. Elle avait eu raison, ces cinq ans; elle avait cru en lui autant que lui n'avait jamais cru en elle, et il était finalement là. Peu élégamment, Saoirse renifla une fois, et attendit de pouvoir contrôler ses sanglots pour faire quoi que ce soit. Elle baissa le regard, fixant plutôt le sol, ses jambes ramenées contre son buste et le menton sur les genoux. Saoirse ferma les yeux, mais refusait de les rouvrir au cas où il ait disparu une nouvelle fois. De toutes les remarques qui lui étaient venues, elle ne réussit à en fait naître qu'une seule, la voix légèrement déraillée par ses sentiments en bordel. Tu m'as manqué.

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Dernière édition par Saoirse O'Callaghan le Ven 18 Mar - 0:10, édité 1 fois
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Cilian O'Callaghan
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MessageSujet: Re: ( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans   Jeu 17 Mar - 14:56


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La nuit passait, doucement sa Mère retournait se coucher de l’autre côté de la Terre, alors que le soleil prenait sa place dans le ciel matinal. Cilian était resté perché sur sa branche, alors que le loup avait d’abord essayé d’attraper ses jambes, avant d’abandonner et de se mettre à couiner en bas, comme un chiot qu’on a abandonné. Cilian ne comprendrait décidemment jamais les loups. L’animal pouvait partir, le laisser tranquille, mais non il était resté là. Forçant Cilian a ne pas s’endormir, de peur de tomber et de se faire mordre, et donc tuer. Il avait bien écouter Lyle, quand celui-ci lui avait tout appris sur leur condition de sorciers. Il ne devait jamais se faire mordre ou griffer par un loup, ou il perdrait la vie. Cilian regarda le loup se transformer en humain, à nouveau. Un corps de jeune femme lui apparu, elle était complètement nue et, de son point de vue, elle lui semblait étrangement familière. Elle avait une longue crinière blonde, et la peau aussi pâle que la sienne. Cilian hésitait à descendre, il voulait qu’elle parte. Il ne doutait pas qu’elle pouvait toujours lui faire du mal.

Et puis elle leva finalement les yeux vers lui. Saoirse. Cilian s’accrocha un peu plus à la branche, la jointure de ses doigts devenant plus blanche. Elle semblait sur le point de pleurer. Jamais Cilian ne l’avait vu aussi faible, aussi vulnérable. Elle renifla, et rien que ce son produisait une sensation désagréable au fond de ses tripes. « Tu m’as manqué. » S’échappa de ses lèvres. Cilian ferma les yeux, pour supporter ce qu’il avait sous les yeux. Il ne voulait pas la revoir, jamais ! Encore moins maintenant, alors que tout allait mal, alors que sa vie ne vallait même plus la peine d’être vécue. Et elle était là, et c’était une putain de louve ! Cilian les détestait, les loups. C’était inscrit dans son ADN, c’était presque obligé pour lui de les détester. Et il détestait tous les O’Callaghan, il détestait son père, sa mère, sa soeur. Le seul qu’il supportait était Augustus, mais en cet instant, et sans savoir pourquoi, il le détestait aussi. Finalement, il rouvrit les yeux et descendit de l’arbre. Une fois les deux pieds à terre, il laissa tomber son sac sur le sol, et retira sa veste pour la poser sur les épaules de Saoirse. Ce geste lui coûta, il aurait préféré la lui jeter à la gueule et partir mais au fond, elle restait sa soeur… et au fond, il savait qu’elle l’aimait. Sa réaction en disait long, elle était prostrée là alors qu’il avait si fort espéré qu’elle le croit mort. Ca aurait été plus simple. Il aurait été libre.

« Enfile là. » Sa voix était plus froide que l’acier qui avait tranché la gorge et les poignets de sa victime, quelques heures plus tôt. Il la regarda faire, le fait de voir sa sœur nue devant lui ne semblait pas lui poser de problème. Enfin, il pensait à plein d’autres choses. Et puis Saoirse était une femme et Cilian se fichait des corps de femmes. Ses meilleures amies le savaient bien, d’ailleurs : il les avait souvent accompagnées en virée shopping et elles n’avaient jamais montré le moindre complexe à lui montrer tous leurs essayages. Vraiment tous. Le blond hésita à partir, mais il savait que Saoirse ne le laisserait pas filer, alors il fit les cents pas pendant un instant, son corps évacuant la colère qui montait en lui. « T’es une louve ! » Il y avait des millions de choses qu’ils auraient pu se dire, mais celle-là était la première qui sortit de sa bouche. « Je veux pas te parler. » Finalement il pris la décision comme un lâche, parce qu’il l’était quand ça concernait sa famille. Il préférait s’enfuir, se faire passer pour mort, il préférait les éviter parce qu’ils ne l’avaient jamais pleinement accepté. Et, injuste comme il était, il plaçait Saoirse dans le même panier. Peut être parce qu’elle ressemblait trop à leur mère, parce qu’elle avait le même regard, la même expression. Qu’il voyait aussi leur père en elle, celui que Cilian détestait plus que les autres. Et il tourna les talons pour s’éloigner.

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MessageSujet: Re: ( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans   Ven 18 Mar - 0:10


cilian, saoirse
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Saoirse était vide. Plus encore que le ciel qui n'avait ni nuages ni étoiles. Elle était vide à cause d'un trop plein; elle avait eu un trop plein d'énergie à la nuit tombée, un trop plein de rage une fois ses crocs dévoilés, un trop plein d'émotions en apercevant Cilian. De la rage, de la colère, de la rancœur et de la haine, et puis de l'amour, beaucoup, tout ce qu'elle avait accumulé en cinq ans. Elle n'avait jamais été bien démonstrative avec lui, bien qu'elle ne se soit jamais privé d'être protectrice envers lui. Elle était consciente du genre de regard qu'il lui avait toujours lancé. Le même qu'à leur mère. Le même qu'à son père. Un regard méprisant, haineux, plein de dédain; Cilian n'avait qu'une petite estime de Saoirse, et elle ne s'était jamais voilé la face sur ce point – au contraire, elle avait tenté de rectifier le tir. De le connaître plus que les autres ne le cherchaient, de l'accepter mieux que les autres ne le faisaient. Quelque chose en elle criait qu'il était une erreur familiale, et pourtant : elle n'avait jamais pu le considérer autrement que comme le membre le plus important de sa famille. Il avait beau la fuir, la détester, les traits physiques qu'ils partageaient depuis toujours ne mentaient pas. Il pourrait fuir jusqu'au bout du monde s'il le voulait, une part de Saoirse resterait toujours en lui, tout comme l'inverse était vrai – et il semblait à Saoirse, à la vue de son déni ces cinq années, à la vue du désespoir qui avait rendu sa vie monochrome depuis l'accident, qu'elle lui avait légué une grande part d'elle-même. Cilian pourrait passer sa vie un couteau à la main sous la Lune pleine, ce serait elle son plus grand sacrifice.
Elle ne bougea pas d'un iota en entendant son frère descendre de l'arbre, jusqu'à ce que sa veste atterrisse sur ses épaules. Enfile là. Saoirse releva la tête, rouvrant les yeux, avant de s'exécuter et d'enfiler la grande veste qui lui arrivait suffisamment bas pour paraître décente.
Et alors, elle réalisa. À quel point elle était pitoyable. Pitoyable d'avoir attendu des mois avant de se remettre à fonctionner correctement. Pitoyable d'en avoir voulu au monde entier de continuer à vivre, quand son frère n'en avait peut-être plus la chance. Elle se rendait compte d'à quel point elle avait été pitoyable de croire aux mensonges incessants de leur frère, et pourtant de ne jamais se résoudre à considérer Cilian mort. Pitoyable d'être là, roulée en boule et apeurée au pied d'un arbre, quand le mort-vivant qu'elle avait tant chéri était debout et énervé. Elle se releva en prenant appui sur le tronc de l'arbre, tenta de se persuader qu'elle aurait davantage l'air d'être son égale ainsi.
Cilian faisait les cent pas, et Saoirse ne pouvait s'empêcher de le suivre du regard, toujours. Attendant que la foudre s'abatte sur elle – parce que ça allait arriver, pas vrai ? T’es une louve ! Comme s'il l'avait agressée, Saoirse eut le réflexe de reculer d'un pas en sursautant. Pour ça comme le reste, elle avait échoué. Elle qui n'avait jamais voulu dévoiler ce changement-là à quiconque. La louve mordit sa lèvre, l'air inquiet. Elle était une louve, mais elle ne l'avait pas choisi – quelque chose lui disait que ça ne serait pas suffisant pour le convaincre d'abandonner sa colère. Elle qui se voulait une juriste d'affaires honorable était la plus médiocre quand une peste de sentiments la prenait à la gorge. Je veux pas te parler. Incrédule, elle le regarda s'éloigner sur quelques mètres, avant de le rattraper – elle se saisit de son bras, et un frisson la parcourut pour ce premier contact en cinq ans. Usant de toute sa force, elle força son cadet à lui faire face et, se surprenant elle-même, incrusta sur sa joue une marque rouge de sa main. Elle avait plusieurs fois dans sa vie collé des claques, mais aucune n'avait été donnée avec une telle rage. Et moi je ne veux pas te perdre encore. Sans lui laisser plus de choix qu'auparavant, Saoirse entoura Cilian de ses bras et le serra fort, si fort...
T'es qu'un con, Cilian. Elle n'était qu'un murmure à son oreille; puis elle se détacha avant qu'il ne l'y contraigne. T'es qu'un putain de con, une raclure de la pire espèce. Les larmes lui montaient au yeux, à nouveau, et elle sentait sa voix dérailler sans savoir la contrôler, mais elle continuait quand même. J'te jure, si je pouvais te... Saoirse serra ses poings devant le cou de Cilian pour toute expression de sa colère, avant de se plonger dans ses yeux en un soupir. Ça t'amuse, de faire ça ?De nous laisser s'inquiéter à en crever pendant que tu traîne la nuit au milieu des ruines ? Cinq ans, putain, CINQ ANS ! et t'ose venir me reprocher quoi que ce soit ? À moi ? Saoirse déglutit, avant de laisser son doigt se heurter contre le torse de Cilian, le poussant un peu plus à chaque phrase qu'elle ponctuait ainsi. T'ose me reprocher ça, alors que pendant cinq ans j'ai du vivre sans toi ? Que j'ai du supporter ton absence ? Tu m'as jamais aimé Cilian, ça a toujours été clair. Mais ça ? Comme un rapace, les pieds nus dans la terre qui s'y collait, Saoirse se mit à tourner autour de Cilian, prête à le retenir s'il tentait de s'enfuir de quelconque manière. Est-ce que tu veux savoir ce que ça fait d'enterrer son frère ? Ce que ça fait, d'enterrer la personne pour qui t'as tout donné et qui n'en a jamais rien eu à foutre ? Tu sais ce que ça fait, Cilian, d'avoir le cœur coupé en deux et qu'on le piétine un peu plus à chaque mensonge qu'on te raconte, à chaque regard pseudo-compatissant qu'on te lance ? C'était comment, ta vie, pendant que nous on priait pour qu'on nous enlève à ta place ? Qu'on priait tous les jours pour avoir un coup de téléphone, n'importe lequel, au point qu'on s'endormait contre le téléphone ? C'était bien, j'espère ? d'imaginer ta vie sans ceux qui te pleuraient ?

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Cilian O'Callaghan
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MessageSujet: Re: ( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans   Ven 18 Mar - 0:40


mistaken for a vision,
something of my own creation

ft/Saoirse O'Callaghan

Cilian sentit les doigts de Saoirse s’enrouler autour de son bras, et la tirer avec une force qu’il ne soupçonnait pas son ainée d’avoir. Il se tourna vers elle, parce qu’elle l’obligeait à le faire et la main de la blonde vint laisser sa marque sur la peau pâle de sa joue. Cilian avait tourné la tête sous le choc, il ne se souvenait plus s’être pris une claque aussi phénoménale depuis… Depuis la dernière fois qu’il avait fait croire à une fille qu’elle l’intéressait. Et c’était même elle, Saoirse, qui lui avait interdit de le faire. Il se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas lancer une réplique cinglante. Mais de toute façon, Saoirse fut plus rapidement. « Et moi je ne veux pas te perdre encore. » Fit-elle avant d’entourer son corps de ses bras, et de le serrer fort, beaucoup trop fort pour que Cilian puisse ignorer sa détresse. Pour qu’il puisse ne pas y croire, pour qu’il puisse penser que ce n’était pas vrai, qu’elle s’en fichait, en fait. Il ne pouvait plus faire semblant, il devait se rendre à l’évidence : elle l’aimait vraiment. « T’es qu’un con, Cilian. » Ca, il le savait bien. Le jeune homme allait la repousser, mais elle s’éloigne de lui encore une fois avant qu’il ne puisse agir. Cilian avait encore mal à la joue, la gifle qu’elle lui avait administré avait vraiment été violente. « T’es qu’un putain de con, une raclure de la pire espèce. » Il vit ses yeux s’embuer de larmes, mais il y était étrangement insensible. Elle l’insultait, elle l’avait frappé, il était perdu. Il ne savait pas comment agir, il ne voulait que s’enfuir pour la laisser là bien en plan. Pour l’abandonner, encore. Adam le détesterait de faire ça et Cilian le savait très bien, d’ailleurs c’était aussi un peu pour ça qu’il décida qu’il devait rester. « J’te jure, si je pouvais te… » Cilian haussa les sourcils. Il crevait d’envie de répliquer, mais Saoirse était lancée et elle continua. Elle partit dans un monologue bien trop long, culpabilisant aussi et qui avait sans doute le but de le faire réagir autrement. Cilian la regardait marcher autour de lui, comme un loup autour de sa proie. Il ne pouvait pas se retirer cette image de la tête. Il ne pouvait pas s’empêcher de se dire qu’elle était devenue exactement ce qu’elle avait toujours été : un prédateur, pour lui plus spécifiquement. Spécialement créé pour le tuer, mais pourtant elle lui dégueulait son amour à la gueule de la sorte. Cilian savait lire entre les lignes, il était loin d’être stupide… Comme elle, en fait. Ils se ressemblaient bien plus qu’elle et Augustus, ou que lui et Augustus. Et pourtant tout pouvait les opposer.

Il attendit qu’elle terme pour finalement prendre la parole à son tour. « Merci pour le scoop, Saoirse. Je t’ai pas attendu pour savoir me labéliser de sale con tout seul. » Y’avait qu’à voir sa vie, ce champ de ruines que c’était devenu. Il avait tout perdu, en perdant Adam. Il n’avait pas de famille parce qu’il les détestait, et il n’avait plus d’espoir d’en avoir une, ne serait-ce qu’avec lui. « Tu te poses même pas la question hein ? T’as toujours cru que t’étais parfaite, Saoirse ! Toi, et Augustus. Mais c’est normal, c’est normal parce que EUX ils ont toujours considérés que vous étiez les enfants parfaits. Combien de temps ils ont pleurés, hein ? Combien de temps papa a supporté que maman pleure ? Quelques heures ? Ils me détestent, et je vous déteste ! » Faux, d’ailleurs la rage le faisait trembler, il n’avait toujours voulu qu’être intégré dans cette famille, mais dès le départ il partait avec un handicap. Un handicap qu’il ne connaissait même pas, mais que tout les autres membres de la famille O’Callaghan connaissaient, eux. Fruit d’un adultère, ce n’était pas étonnant que son soi-disant père le déteste. « T’as peut-être été la seule à pleurer vraiment, Saoirse. Mais c’était pas la peine, ce sera jamais la peine. » Il enfonçait ses mots dans le cœur de sa sœur comme il voulait y enfoncer une lame acérée. Il savait que ses mots pouvaient se glisser sous sa peau et y agir comme un poison… Tout comme ceux de Saoirse pouvaient le faire. « Mais t’as tord Saoirse… » Il n’était juste pas prêt à réellement l’admettre. Qu’il ne l’abait jamais détesté, pas elle, pas celle qui lui donnait des conseils dont il ne voulait pas, mais qu’il écoutait. Pas cette sœur qui surveillait de loin, sans vraiment l’empêcher de faire ce dont il avait envie. Il le savait, ses parents le détestaient, mais il avait Augustus… Et Saoirse, la différence était que Saoirse ressemblait trop à sa mère, et pour ça il ne pouvait pas l’accepter, alors qu’Augustus s’était imposé à lui bien plus tôt, avait imposé sa présence, l’avait pris sous son aile même si Cilian s’en était vite dégagé. « Et non, non c’était pas BIEN. C’était tout ce dont j’avais toujours rêvé. J’étais libre, il n’y avait ni papa pour me prendre pour un monstre, ni maman pour essayer de me retenir de vivre. Ni… Ni toi, ni Augustus. »

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Saoirse O'Callaghan
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MessageSujet: Re: ( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans   Ven 18 Mar - 1:27


cilian, saoirse
Nous étions deux étrangers qui se connaissaient très bien.

Plus le temps passait et plus la rage montait à Saoirse. Elle s'était découvert beaucoup de nouveaux aspects ces dernières années; elle s'était connue amoureuse, désespérée, abandonnée, triste, morose, nostalgique, heureuse parfois, incomprise, incompréhensive, surexcitée, désirée, envieuse, jalouse – beaucoup de choses encore, mais elle ne s'était encore jamais connue aussi enragée. La louve sentait une flamme naître au cœur de son ventre et la submerger – elle se consumait un peu plus à chaque seconde qui passait, se sentant déjà partir en cendres. Saoirse n'était tout au plus que l'ombre d'elle-même, mais une ombre noircie, qui enveloppait jusqu'à étouffer.
Saoirse se stoppa dans sa ronde régulière et releva le regard vers son cadet pour mieux capter les mots qui s'échappaient de sa bouche. Acérés, bien plus que ses crocs à elle ne l'étaient. Est-ce qu'il restait seulement une once de ce qu'il avait été ? De ces étincelles qu'elle avait vu briller dans ses yeux à sa naissance ? Est-ce qu'il restait seulement un peu de ce sourire angélique qui l'avait fait fondre et décréter, au premier instant, qu'elle n'aimerait personne comme elle aimait ce petit-là ? Saoirse serra les dents, et les poings. Il ne restait rien de son frère, pas plus qu'il ne restait quoi que ce soit de ce qu'elle avait été – et elle l'aimait pourtant encore, au moins autant qu'elle se détestait. Il avait changé, et même comme ça, il était son frère; et même comme ça, elle l'acceptait. Encore. Pendant cinq ans, son imagination avait marché à plein régimes, et elle avait imaginé des tonnes de retrouvailles. Larmoyantes, heureuses, surprises... elle en avait rêvé un bon milliard de fois, comme si ça avait été son unique souhait – elle avait abordé le sujet en long, en large et en travers et pourtant ! de toutes les possibilités, celle-ci était bien la seule qu'elle n'avait jamais envisagé. Cette simple pensée la contraria bien plus encore : elle ne s'était pas préparé à ça, et tout ce qui l'animait était bien trop impulsif pour être raisonnable. Elle le savait, et craignait ce qui allait arriver ensuite : mais ça faisait du bien.
Saoirse fronçait les sourcils au-dessus d'un regard noir. Le secret qui éloignait le blond d'Augustus et elle, elle ne le connaissait et le haïssait que trop, mais elle ne l'avait jamais vu sous cet angle-là. À croire que choyée comme elle l'était, la vérité lui était passé sous le nez, et elle s'était enfermée dans ses certitudes. Parce que si elle avait des reproches à faire à son frère, elle n'avait jamais perçu ce que Cilian sous-entendait. Elle ne s'était pas vue privilégiée par rapport à lui, ni plus aimée. Si leur mère avait gardé cet enfant et lui rappelait si souvent combien il avait été chanceux de survivre à l'accouchement, ça ne pouvait pas être autre chose qu'un signe de fierté. Elle commença à bégayer quelques syllabes, mais il la coupa d'une voix plus puissante que la sienne. T’as peut-être été la seule à pleurer vraiment, Saoirse. Mais c’était pas la peine, ce sera jamais la peine. Il était trop jeune et énervé, n'avait aucun de recul, mais Saoirse avait vu. La peine dans les yeux de leur mère et le vide qui s'y était installé par la suite. Elle avait vu un désespoir dans chacun de ses charmes là où on lui avait, auparavant, fait remarquer sa grâce. Saoirse s'était laissé prendre au jeu de sa propre détresse, et sa mère s'en était relevé plus vite, mais il y a de ces marques qui ne disparaissent jamais. Et enterrer son enfant est l'une de celles-ci. Et non, non c’était pas BIEN. C’était tout ce dont j’avais toujours rêvé. J’étais libre, il n’y avait ni papa pour me prendre pour un monstre, ni maman pour essayer de me retenir de vivre. Ni… Ni toi, ni Augustus. Saoirse s'approcha de Cilian avec une lenteur qui ne présageait rien de bon. Plus que derraillée, sa voix était sanglotante, suppliante. C'est vraiment comme ça que tu nous vois, Cilian ? Que tu me vois ? La situation était pire encore – Saoirse était arrivée à un stade où les larmes n'arrivaient même plus à couler. Elle avait la gorge nouée, le cœur serré, et la mort aurait pu la faucher à ce moment même qu'elle n'aurait pas pu être plus blessée. C'est tout ce que je suis, pour toi ? Un obstacle dans ta vie, un vulgaire objet à éliminer ? C'est tout ce que tu as retenu de moi, en vingt ans ? Elle ne comprenait pas, et n'était pas sûre de vouloir comprendre. La vérité avait probablement un goût plus amer que l'ignorance. C'est quoi le problème ? Ça t'énerve, d'avoir des gens qui t'aiment, ou c'est vraiment moi qui t'insupporte ? Je suis si insupportable, pour que tu te sois arrangé avec Augustus pour me faire croire à ta mort ? Plus que jamais et comme une enfant, elle avait besoin de le prendre dans ses bras, mais quelque chose l'en empêchait – elle avait peur qu'il le rejette, et de ne pas être assez forte pour supporter tant de refus. Je peux comprendre que tu déteste papa, même maman; mais qu'est-ce que je t'ai fait, Cilian ? Putain, qu'est-ce que je t'ai fait ? Si tu nous jette dans le même panier, Augustus et moi, alors pourquoi est-ce que ta haine n'est pas dirigée envers lui ?
J'ai passé cinq ans à me morfondre, à attiser le mépris des parents qui me prenaient pour folle de croire à ta survie. Je ne suis pas sortie pendant deux mois, je me suis rendue malade dès que j'apercevais une de ces photos qu'on nous forçait à prendre tous ensemble à Noël, parce que c'est tout ce qu'il me restait de toi... c'est ça, pour toi, être parfait ? C'est se mentir les uns les autres ? Être faible et tout lâcher parce qu'on est trop triste et qu'on en veut au monde entier pour pas s'être arrêté ? Tu crois que je suis parfaite, d'avoir été jusqu'à penser à mourir pour te revoir au moins une fois ? C'est ça, que tu me reproche, Cilian ? De t'avoir trop aimé ? Et après ça, de nous deux, c'est toi qui me hais au point de me rayer de ta vie ?

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Cilian O'Callaghan
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MessageSujet: Re: ( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans   Ven 25 Mar - 1:27


mistaken for a vision,
something of my own creation

ft/Saoirse O'Callaghan

Cilian ne détestait pas réellement sa grande sœur. A vrai dire, il avait une affection toute particulière pour Saoirse, bien qu’il ne le montrait pas – et ne l’avait d’ailleurs jamais montré -. Si il avait si longtemps évité le sujet de l’état de sa sœur, avec Augustus, lors de leurs conversations téléphoniques, c’était aussi parce qu’il avait du mal à supporter l’idée que sa sœur ne se remette pas de sa ‘mort’. Plusieurs fois il y avait songé. Révéler la supercherie aurait été plus simple pour Saoirse, probablement… Mais au vu de sa réaction, maintenant, Cilian était finalement bien content d’avoir coupé les ponts avec toute la famille/ Il aurait maintenu Augustus dans l’ignorance, s’il avait pu. Mais de part son métier, il avait été facile pour l’aîné de la fratrie de découvrir que le jeune blond n’était pas mort du tout. Cilian n’avait même pas pris la peine de se forger une nouvelle identité. Il était là, juste là, n’était même pas parti ailleurs ne serait-ce qu’en Irlande. Le gamin qu’il était à l’époque n’avait vu que l’opportunité, et dieu qu’elle était belle… Et il l’avait saisie.

« C'est vraiment comme ça que tu nous vois, Cilian ? Que tu me vois ? » Elle s’approchait de lui, presque d’une démarche féline qui – il le savait – ne présageait rien de bon. Cilian eut le bon sens de faire un pas en arrière, puis un second. Juste au cas où. Il avait le regard rivé sur elle, près à parer à la moindre éventualité. Ça le frappa d’un coup : il n’était pas sur de lui faire confiance. Elle était une louve, et lui un sorcier. Ennemis naturels. Ce n’était pas quelque chose contre lequel ils pourraient vraiment lutter, non ? Cilian n’était même pas sûr. Avec Adam, il pouvait lutter. C’était un humain, Adam n’avait pas l’instinct primaire de le tuer, lui. « C'est tout ce que je suis, pour toi ? Un obstacle dans ta vie, un vulgaire objet à éliminer ? C'est tout ce que tu as retenu de moi, en vingt ans ? » Un peu moins en fait, mais encore une fois Cilian était assez intelligent que pour se taire. Il savait que les questions n’attendaient pas une réponse. Du moins pas tout de suite. Elle était lancée dans son monologue, et Cilian la laissait parler. « C'est quoi le problème ? Ça t'énerve, d'avoir des gens qui t'aiment, ou c'est vraiment moi qui t'insupporte ? Je suis si insupportable, pour que tu te sois arrangé avec Augustus pour me faire croire à ta mort ? » Cilian ouvrit la bouche pour répondre, piqué à vif par ses propos, mais la blonde continua sur sa lancée. Et cette fois elle ne reprit sa respiration que pendant quelques millièmes de secondes. Pas le temps pour lui d’en placer une. Elle déversait tout ce qu’elle avait sur le cœur, et Cilian recula encore d’un pas, comme si les mots étaient des pierres et qu’elle les lui balançaient à la gueule, sans relâche. Et puis, ce fut finit.

Cilian inspira longuement, se rendant compte qu’il avait retenu sa respiration depuis le début de sa longue tirade. « Peut être. » Il crache ce mot à ses pieds, l’incertitude le ronge, alors qu’elle le met devant le fait accompli. « Tu n’as aucune idée de ce qu’était ma vie. C’était facile pour toi, Saoirse, autant que pour Augustus ! Vous répondiez exactement aux critères attendus par les parents ! » A partir du moment où Cilian avait commencé à dévier un peu du chemin tout tracés par ses parents, sa vie était devenue un enfer moins supportable encore. Il glissa ses doigts sur son front, puis dans ses cheveux alors que c’était au tour de sa paume de s’écraser contre son front. Il était désemparé, il ne savait pas qu’elle avait ressenti tout ça et désormais, l’étudiant ne savait pas comment réagir. « Il fallait que je parte. J’ai… J’ai pas réfléchi, je suis juste parti. C’était tout ce que j’avais besoin, alors arrête ! » Son regard heurta encore celui de Saoirse avec force, presque en guise de défi. « Arrête parce que tu n’as jamais essayé de comprendre ! Augustus m’a bien plus laissé vivre que toi ! Tu me demandais des comptes autant que maman mais j’ai pas de compte à te rendre, ni toi, ni à maman, ni à papa et, rassure toi, ni à Augustus ! » Cilian avait besoin de s’en griller une, mais son paquet de cigarette se trouvait dans la veste que Saoirse portait, et il ne voulait pas s’approcher pour le récupérer. « D’ailleurs… Augustus n’a fait qu’accéder à ma demande, ne le met pas dans le même panier. » Souffla Cilian, il s’en fichait de savoir que les relations entre Saoirse et Augustus soient bonnes ou mauvaises mais Cilian avait besoin de le dire, la vérité était celle-là alors il ne voulait pas la faire croire que ses deux frères étaient contre elle. « Tu comprends rien, Saoirse. C’était pas toi que je voulais fuir, tu comprendras jamais rien, parce que t’essaieras jamais. T’es persuadée que t’as raison, comme quand j’étais gosse. C’était cette maison, eux… C’était lui. » Jamais il n’avait mis autant de haine dans un seul mot, pour parler d’une seule personne. Son père.


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MessageSujet: Re: ( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans   Jeu 7 Avr - 0:45


cilian, saoirse
Nous étions deux étrangers qui se connaissaient très bien.

Le soleil commençait à éblouir Saoirse, l'attaquant directement au point où elle était forcée de baisser la tête. Son regard allait et venait entre ses pieds et son frère, qui se découpait à contre-jour comme un amas de néant taillé à l'emporte-pièce. Et en y réfléchissant, c'est tout ce qu'elle voyait en lui. Du rien. Du vide – pas exactement, en vrai : elle y voyait une vie bien remplie, mais de choses qu'elle ne connaissait pas. Rien de concret à quoi se raccrocher. Rien pour pouvoir gueuler qu'il était là, son frère. Il n'avait plus la même voix, l'aurait dépassée même si elle avait porté ses talons. Et son visage... plus elle le voyait, même dans l'ombre, et plus elle peinait à trouver ses repères. Il avait beau garder un visage d'enfant éternel, il avait changé, et elle ne pouvait se tenir qu'à ce qu'elle connaissait encore de lui : ce qui n'était plus là. Saoirse s'accrochait en vain à un fantôme déjà parti. Elle avait l'impression de faire les mêmes constats à chaque fois qu'elle l'observait, et pourtant elle oubliait à chaque fois qu'elle détachait son regard de lui – ce qu'elle ne voyait pas, elle n'était pas obligée de le croire; il aurait bien pu changer en un battement de cils. Il ne lui avait après tout pas fallu plus de temps pour disparaître.

Peut être. Vivement, Saoirse se redressa droite comme un soldat, et l'observa, sourcils froncés. Peut-être. Sa vie n'avait été rythmée que de peut-êtres pendant cinq ans, tant et tant qu'ils s'accumulaient en une pyramide bien rangée – celui-ci, de trop, allait probablement faire s'effondrer le tas entier. Les peut-être qu'il est encore en vie, les peut-être qu'il appellera. Peut-être qu'il sera là demain, peut-être que ce n'est qu'un mauvais rêve. Les plus mauvais jours s'enfouissaient même sous les autres les peut-être que je suis folle, les peut-être qu'il est vraiment mort.
Peut-être que je ne le reverrai jamais.
Peut-être que c'est juste tombé sur lui comme ça serait tombé sur un autre.
Peut-être que la vie est seulement injuste, sans raison.

Tu n’as aucune idée de ce qu’était ma vie. C’était facile pour toi, Saoirse, autant que pour Augustus ! Vous répondiez exactement aux critères attendus par les parents ! Peut-être. Cilian remettait énormément en question – beaucoup trop pour une seule journée –, mais il se trompait. Quand bien même elle avait, un jour, été la fille parfaite pour les O'Callaghan, cette image-là s'en était allé au même moment que Cilian. Arrête parce que tu n’as jamais essayé de comprendre ! Les lèvres de son frère continuaient de s'agiter, mais elle n'arrivait plus à se concentrer sur autre chose que ces mots-là. Un petit rire nerveux passa ses lèvres, sans qu'elle ne puisse réagir d'une autre manière.
Tu comprends rien, Saoirse. C’était pas toi que je voulais fuir, tu comprendras jamais rien, parce que t’essaieras jamais. T’es persuadée que t’as raison, comme quand j’étais gosse. C’était cette maison, eux… C’était lui. À de nombreuses reprises, la louve ouvrit la bouche – mais elle la referma aussitôt. Elle attendit un long moment, les yeux plantés dans ceux de son cadet, cherchant des mots qui ne venaient pas. Et puis, seule, une larme réussit à rouler le long de sa joue. C'était quoi le but, alors ? Que t'aie la vie plus facile, ou qu'on en chie, nous ? Elle mordit sa lèvre, réduisant la distance qui les séparait de quelques pas. J'ai passé cinq ans à essayer de comprendre. CINQ ANS ! Putain Cilian, j'ai été la seule, tu m'entends, la seule à essayer, à chercher... C'est toi qui veux pas comprendre, c'est toi qui veux pas savoir. Si j'étais sur ton dos, c'était pour mieux te connaître. Pour mieux t'aimer, et pour savoir comment faire. Elle se racla la gorge pour éclaircir sa voix. C'est pas que je veux pas comprendre Cilian, c'est que tu me laisse pas. Tu me fuis comme la peste – si c'était pas moi qui te faisais partir, t'avais mille et une manières de me recontacter. Mais tu l'as pas fait. Si tu me l'avais demandé, j'aurais rien dit. J'aurais gardé le secret – tout, putain, tout pour te revoir. J'aurais tout fait, et je le ferais encore. J'suis pas persuadée que j'ai raison, j'ai probablement tort mais tu m'laisse pas ma chance. Je dois faire comment, si je suis censée comprendre mais que tu refuse de me laisser faire partie de ta vie ? Je dois deviner ? Jsuis désolée, Cilian, mais j'suis pas forte à ça. Je peux t'aimer, et essayer aussi fort que possible, et je peux prendre sur moi pour accepter ce que je comprends pas, mais j'peux pas deviner ce que t'attends de moi si j'ai l'impression de m'adresser à quelqu'un qui fera jamais partie que de mon passé. Saoirse prit une longue inspiration, se blottissant un peu dans le grand manteau de son frère. Tu sais, avant que tu disparaisse, quand on me parlait de toi... Un sourire fendit son visage, presque nostalgique. J'étais la sœur la plus fière du monde, j'crois. Et quand on me parle de toi maintenant... je sais même plus quoi dire. Je crois que j'ai rien à dire. Mais tu sais ce qui me fend le cœur ? Tu peux me mépriser, me haïr, c'est pas le pire. Non.. le pire, c'est de m'imaginer que si à toi, on te demande, tu puisse répondre que t'as pas de sœur. Alors traite-moi de tous les noms si tu veux, traîne-moi dans la boue, haïs-moi, mais me laisse plus jamais.

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Cilian O'Callaghan
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MessageSujet: Re: ( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans   Jeu 7 Avr - 1:18


mistaken for a vision,
something of my own creation

ft/Saoirse O'Callaghan

Dieu ce qu'elle pouvait parler. Et elle ne parlait pas, elle s'énervait, elle avançait vers lui, elle lâchait même une larme. Cette gueuse, qui coulait contre sa joue d'albâtre. Cilian la fixa pendant sa lente course le long de la peau immaculée de la blonde, et puis il la voit tomber et s'écraser contre le tissu de sa veste. Elle est trop grande pour lui, c'est un détail, attrapé à la volé par le garçon qui écoute pourtant toujours ce que sa grande soeur lui dit. Lui sermonne. Lui plante dans le coeur et partout ailleurs. Et pendant qu'elle déverse son flot de sentiments et de ressentiments, il ne peut s'empêcher de repenser à ce moment. Dans son petit salon. L'homme, le brun, celui qui fait battre son corps et la promesse que le sorcier lui a fait. J'y penserai. J'y penserai, à le lui dire. A autoriser Augustus de lui avouer. Saoirse se tait finalement, elle le regard avec ces yeux là, et cette expression là, et Cilian ne peut pas y échapper. Il a attrapé des informations, des questions, des demandes, des exigences. Une exigence. Ne pas la laisser, ne plus la laisser. Il veut s’avancer, faire un pas vers elle. C’est Saoirse, exit le O’Callaghan. Cilian blâme si fort sa propre famille qu’il déteste son propre nom. Il aurait du en changer, mais c’était compliqué. « Arrête. » Un souffle, un autre. Il expire des mots, Cilian, parce qu’il sait qu’il a merdé et il a sa putain de fierté, l’enflure, qui vient gonfler dans sa gorge. Qui empêche tout de passer. Son, air, excuse. Elle doit arrêter, elle doit se taire si il veut avancer mais c’en est une autre qui bloque ses pieds. La culpabilité. Les émotions contraires se battent, et vu de l’extérieur il n’est qu’un grand corps un peu vide, un peu inutile, à la recherche d’une issue et d’un sens à ce qui est en train de se passer.

Que faire ? « C’était une erreur… » Mais pas ce qu’elle croit. Cilian réfléchit trop fort, si fort que ça s’échappe finalement d’entre ses lèvres, le son est revenu, parce que Fierté peut bien avouer ça. Et Culpabilité ne le laisse pas décoller ses pieds du sol. Tu restes là, juste là, et t’assumes. « Il n’aurait pas dû le savoir. Je lui aurais pas dis, tu crois quoi ? » Augustus, pourtant, était bel et bien privilégier. Même avant tout ça, même avant qu’il parte avec son meilleur ami sur une route, bien trop défoncé, bien peu attentif à l’appel de sa Mère. La Vraie. Elle croit peut être qu’il préfère leur frère à elle. Elle n’aurait pas tout à fait tort, mais pendant qu’Augustus se contente de lui téléphoner une fois par semaine, elle est là. Les larmes aux yeux, la joue humide, et le regard plein d’une quantité d’émotions, des émotions qu’il sait lire, d’autres pas. « J’étais heureux, Saoirse… » Imparfait, cet enfoiré, qu’il est obligé d’utiliser parce que Fierté et Culpabilité sont bien d’accord sur un point : il faut avouer cette vérité, tu la lui doit. « C’est difficile à entendre, mais pendant cinq ans, pendant que tu… » Me pleurais ? C’était bien ça, non ? Cilian avait encore du mal à le concevoir. « Pendant cinq ans j’étais heureux. Plus que je ne l’avais jamais été. » Il y avait eu Lyle, d’abord. Puis Azilis, Cora, Adam… Et d’autres, et Clara, et Elric, et ces sorciers qu’il avait croisé. Nerys, Nolan. Tant d’âmes qui l’avaient accepté, plus que les O’Callaghan ne l’avaient jamais fait. Sa gorge se déssera doucement, Culpabilité gagne le combat, ses pieds bougent, il s’avance un peu. « Je pensais pas… J’ai pas pensé, j’ai pas pensé à toi. » Et leurs regards se heurtent encore, et le sien est criant de sincérité. Il n’a pas pensé à elle, pas pensé qu’il lui ferait tant de mal, pas pensé qu’elle ne pourrait pas le croire mort, pas pensé que le mal serait si difficile à défaire, à démêler pour qu’ils puissent essayer de vivre comme Saoirse et Cilian, exit le O’Callaghan.

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Saoirse O'Callaghan
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MessageSujet: Re: ( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans   Lun 2 Mai - 17:22


cilian, saoirse
Nous étions deux étrangers qui se connaissaient très bien.

La tension qui semblait à présent définir la relation entre Cilian et Saoirse lui pesait plus que tout au monde – si bien que même sa condition de louve ne lui semblait plus être qu'un détail. Le monde aurait pu s'écrouler, rien n'aurait été plus compliqué que cette conversation. À bien y réfléchir, elle l'aurait peut-être préféré mort ; six pieds sous terre mais avec la possibilité qu'il ait pensé à elle. Dans les poches trop grandes du manteau que Cilian lui avait prêté, Saoirse agitait ses mains en tout sens. Elle sentait sans vraiment le contrôler ses ongles lui entrer dans la peau, la gratter – si elle continuait, elle tâcherait le tissu. Il y avait peut-être vingt ans que cette habitude idiote ne l'avait pas prise, mais aujourd'hui était différent des autres jours. Parce qu'il y avait Cilian. Parce qu'elle n'avait pas passé des centaines de nuits à dormir à côté du téléphone en vain. Elle avait su voir l'espoir qu'il restait là où personne ne l'avait vu – et même si elle aurait moins souffert à le croire mort dès le premier jour, elle était fière en un sens. Fière d'avoir cru en lui. Fière que, malgré leur lien effrité, elle ait senti sa présence quelque part. Un peu partout. Elle était fière de savoir qu'un jour, elle pourrait dire qu'elle avait été la seule à y croire. La seule à savoir. La seule à vouloir. Et quand Cilian sera prêt à l'entendre, alors il comprendra. Que personne ne se préoccupera jamais autant de lui qu'elle. Qu'il peut fuir au bout du monde, elle n'en restera pas moins sa sœur. Qu'il change d'identité ou même de visage ou non – et même s'il en vient à mourir, elle le retrouvera, elle sera encore là. Il comprendra qu'il aura beau s'enfuir un millier de fois de chez eux, renier toute sa vie s'il le veut, elle reste dès qu'elle l'aperçoit une gamine de dix ans fascinée devant un gamin qui vient de naître. Elle reste dès qu'elle le voit une enfant qui jure n'avoir jamais rien vu d'aussi fantastique que ce petit miraculé qui lui a souri. Oh, comme il lui tardait qu'il comprenne.

Avec toute la bonne foi dont elle était capable, Saoirse encaissait les paroles de Cilian. Il n'était pas bavard – il ne l'avait jamais été – mais il savait user des mots, mieux qu'elle qui en disait toujours trop. Elle serrait fort les dents en sentant ses ongles s'enfoncer de plus belle à chacune de ses syllabes, prenant sur elle pour ne pas hurler au monde que tout était injuste. Qu'il n'avait pas le droit d'avoir été si heureux quand elle était si malheureuse – ça n'aurait servi à rien, maintenant qu'elle était là. Saoirse écoutait en silence, pour une fois, et tentait de se convaincre qu'elle préférait entendre ces choses-là sortir de la bouche de son petit frère plutôt que de ne rien entendre du tout.
Avec une certaine lenteur, une seconde larme coula le long de ses joues. Plus un reste de la tempête passée qu'une nouvelle menace. Elle déglutissait avec difficulté, la gorge nouée – avant que la surprise ne la prenne en voyant Cilian avancer vers elle. Il n'y avait eu qu'un pas, deux tout au plus; à peine un peu de la distance qui les séparait de réduite. À peine un peu du mur qui les divisait de détruit. Mais ça lui suffisait. Saoirse réduit ce qui les séparait au néant, se jetant sans réfléchir dans ses grands bras. Elle avait peur qu'il s'enfuit encore, même si elle se jurait de le garder auprès d'elle. Elle avait peur de ne plus le revoir, jamais cette fois; et si ça devait arriver, elle voulait se rappeler une dernière fois comment c'était, d'avoir son Cilian. Saoirse le serra fort, plus fort qu'elle n'aurait du le faire – mais elle n'y pensait même pas – et quand elle s'éloigna, un faible sourire figé sur le visage, sa main s'égara sur la joue de l'autre. Elle était prête à être sa sœur, sa mère et toute sa vie s'il le voulait. Elle était prête à venir le voir à trois heures du matin s'il l'appelait, à bousculer le monde entier si il le lui demandait. Tendrement, alors qu'il reprenait la parole, Saoirse se hissa sur la pointe des pieds et embrassa Cilian sur le front. Il la détesterait probablement comme il l'avait toujours détestée quand elle tentait de lui montrer un peu d'affection, mais elle s'en fichait pas mal. La louve reprenait appui sur ses pieds, doucement, et les paroles de Cilian lui parvenaient enfin. Pas tout à fait comme une trahison, mais tout aussi douloureuses. Je pensais pas… J’ai pas pensé, j’ai pas pensé à toi. En cinq ans elle n'avait pas même été digne d'une pensée.
Saoirse ravala sa haine et sa rancœur avec difficulté. Ses yeux restaient humides, mais rien n'en débordait, alors qu'elle mordillait sa lèvre en silence, et que ses doigts s'agitaient à nouveau. Ce n'est rien. Même elle n'y croyait pas, mais elle avait l'espoir que lui puisse s'en convaincre. Elle détourna le regard au sol, à la recherche d'un caillou pointu, avant d'attraper le paquet de cigarettes qu'elle avait senti dans l'une des poches du manteau – et, non sans difficulté, elle tenta de graver son numéro de portable contre le carton, avant de le lui tendre. Je ne te demanderai même pas d'être là pour moi, juste... laisse-moi être là pour toi. Laisse-moi être quelque chose pour toi. Saoirse rencontra à nouveau son regard, avant d'avancer suffisamment pour le dépasser. Je suppose que tu n'as pas plus envie de me voir maintenant qu'il y a cinq ans, Cilian. Mais... mais si tu as besoin de quelque chose, n'importe quoi, je serai là. Que tu pense à moi ou pas, je serai toujours là.

sujet terminé

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( mistaken for a vision, something of my own creation ) o'callaghans

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