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 À sens unique feat. Khéops V.

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Jiang Li Zhao
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Occupation : Officiellement enquêteur à la criminelle envoyé par la Chine pour résoudre le meurtre de touristes Chinois dans le coin. Officieusement chasseur qui sait très bien ce qui est arrivé à des collègues mal entraînés envoyés ici comme chair à canon. La fin justifie les moyens.
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MessageSujet: À sens unique feat. Khéops V.   Lun 30 Mai - 17:11

Jiang Li n’était pas certain d’aimer cet endroit. C’était bruyant... Lui qui voulait prendre une bière tranquillement n’avait finalement pas frappé à la bonne porte. Ce pub irlandais était probablement porteur de tous les clichés du genre. Il essayait généralement de ne pas juger à première vue, voilà qu’il avait été bien servi ce soir ! Son regard allait et venait sur les fêtards. Des vieux saoulons étaient accoudés au bar et mataient allègrement les fesses de jeunes serveuses qui auraient souvent pu être leurs petites-filles. Des femmes plus saoules que belles s’agitaient dans un genre de danse de peu de goût avec des hommes plus saouls que lucides. Dans un coin, des jeunes imberbes riaient à gorge déployée alors que la situation ne semblait guère s’y prêter, probablement enivrés par l’euphorie d’avoir réussir l’exploit d’entrer dans un bar avant l’âge légal. Et il y a ce serveur, aussi. Grand, très fin et masculin. Le genre qui attirait le regard de Jiang Li facilement. Sa préférence pour la gente masculine n’était plus un secret pour lui depuis longtemps et il l’acceptait aisément.

Ce garçon-là devait être dans la mi-vingtaine, peut-être un peu plus. Il portait sur son visage des ascendances asiatiques indéniables. Un visage aux traits d’ailleurs très peu communs qui attiraient irrémédiablement le regard. Jiang Li avait un peu de mal à s’en détacher lorsqu’il passait à proximité. Difficile d’expliquer l’aura qui s’en détachait sans le voir par soi-même. La taille fine était de celles que Jiang Li aimait fermement agripper pendant l’ébat et les longues jambes tout aussi minces, de celles qu’il aimait sentir s’enrouler autour de sa silhouette comme une sirène le capturant entièrement. Et pourtant... ce n’est même pas pour ça que le Chinois observait à la dérobée le jeune homme. Ce qui l’intriguait, c’était ce regard en biais que le serveur lui envoyait à intervalle régulier. Et il se sentait frémir désagréablement à chaque fois que le beau regard noir se posait sur lui, inquisiteur, appuyé...

Finalement, Jiang Li quitte le serveur des yeux, se concentrant sur sa bière. Pour autant, il ne perd pas sa trace. Chasseur habile, il n’était pas difficile pour lui de continuer à s’assurer de sa présence sans pour autant se faire détecter. Et le moment opportun se présente lorsque le jeune homme prend vraisemblablement sa pause, paquet de clopes à la main. Il passe par une porte de sortir indiquée « sortie d’urgence », sans pour autant déclencher un système d’alarme comme c’est souvent le cas. Cet établissement n’était décidément vraiment pas sérieux, non ? Quoi qu’il en soit, Jiang Li fini sa bière d’une longue rasade, puis se relève. C’est en boitant légèrement qu’il avance jusqu’à la dite porte, tentant de camoufler sa claudication par fierté. Il y a quelques nuits, il avait attaqué un loup... et le loup n’avait certes pas gagné à proprement parler, mais lui non plus. Ça avait été un combat terriblement long qui l’avait bien amoché et il avait même dût trouver une excuse pour ne pas rentrer le lendemain. Heureusement, il y avait ensuite eu le weekend... puis on était maintenant lundi. Alors oui, il y avait encore des traces de cette lutte incroyablement musclée, mais il faisait bonne figure.

Jiang Li pousse la porte. C’est dans une ruelle mal éclairée qu’il arrive. La porte se referme et le beau visage typé se relève vers lui, surpris. Le dit visage est illuminé d’une façon presque irréelle par l’écran d’un smartphone qu’il consultait à l’instant, cigarette prise entre ses longs doigts graciles de l’autre main. Il y a un instant de silence, trente secondes. Peut-être même une minute. Ils s’observent en chien de faïence. Puis finalement, c’est Jiang Li qui brise le silence.

« J’ai cru comprendre que je t’intriguais d’une façon ou d’une autre. Et je ne crois pas que ce soit pour mon joli minois. On se connaît d’ailleurs ? », demande lentement le grand Chinois. Le joli serveur était certes grand, mais son mètre quatre-vingt-onze le dépassait aisément. Il adorait sa taille. C’était si simple de se sentir en contrôle lorsqu’il se tenait debout face à quelqu’un. « Ton visage ne m’est pas familier, pourtant. Je m'en rappellerais... »

Ce qui était une bonne chose en soit. S’ils s’étaient rencontré en Chine, il y avait un problème. Ou du moins, un grand risque qu’il y en ait un. Il ne pouvait pas se permettre que son passé vienne hanter cette mission de la plus haute importante, surtout dans un lieu aussi dangereux. Croyez-le... En tant d’années d’expérience, il n’avait jamais rencontré de loups aussi puissants. C’était même la première fois qu’il n’arrivait pas à en abattre. Enfin... La deuxième fois. Mais la première, c’était à son arrivée dans cette même ville. C’est dire... Alors il devait être hautement prudent. Et présentement, Jiang Li craignait que le destin lui ait joué un sale tour. Il ne savait juste pas à quel point, finalement...

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Khéops Vandekeybus
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Statut civil : là où un jour trônait une bague ne demeure que des cicatrices. Une idylle dont il a fait le deuil
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MessageSujet: Re: À sens unique feat. Khéops V.   Dim 5 Juin - 17:48


A SENS UNIQUE
lundi soir ± 22:30
Il était rentré  comme si tout était normal. Il avait poussé la porte du pub comme si il l'avait déjà fait des dizaines de fois auparavant. Le chasseur. Je l'avais de suite reconnu. Mes sens s'étaient affolés, l'espace de quelques secondes j'avais senti à nouveau toute cette violence qui nous avait uni quelques soirs auparavant. Je l'avais suivi du regard, tentant tant bien que mal de cacher mon intérêt certain pour l'homme. Je savais qui il était. Mais lui, il ignorait tout de moi. Là, derrière ce bar, comment pourrait-il se douter que les yeux qui l'épient sont les même que ceux qu'il a maudit et juré de tuer cette nuit-là ? J'aurais dû lui arracher la peau, le plus vite possible, pour que cette histoire ne s'éternise pas. Pour que je ne me retrouve pas à stresser comme un adolescent qui sent la réprimande arriver après une bêtise collatérale. Je devais me reprendre. Je ne pouvais pas le laisser gagner comme ça, sans même qu'il se rende compte de l'effet qu'il avait sur moi. Être le seul à savoir qui est l'autre, ce n'était pas un avantage.  Et comme si ce n'était pas suffisant, les clients étaient tous plus énervants les uns que les autres ce soir-là. Je sentais mon calme et mon sang-froid attaqués et mis à rude épreuve. Je reprenais le contrôle de ma respiration, je me tournais vers Kaidan, lui demandant d'aller prendre la commande du client fraîchement installé. Il ne me demanda pas pourquoi, ne m'envoya pas chier, et je l'en remercie en mon fort intérieur. Savait-il que je l'envoyais prendre note de ce que désirait un homme qui n'hésiterait pas à sortir la lame si jamais il venait à découvrir que les deux responsables de l'établissement actuellement présent étaient tout deux des loups ? Des bêtes qu'il avait juré de traquer et exterminer ? Ou peut-être le savait-il...peut-être avais-je été imprudent à plus d'une reprise. Peut-être avais-je grillé ma couverture. Mais comment ? Non, j'étais bien trop prudent. Impossible. Il ne pouvait pas savoir qui j'étais. Il ne pouvait pas.

Une cliente mécontente de la température de sa bière accapara toute mon attention tandis que je remarquais dans sa gestuelle les signes éloquents et pour le moins peu discrets d'une tentative de flirt envers ma personne. Elle avait la vingtaine, ses cheveux blonds coulaient en cascade sur ses épaules bronzées. Elle était jolie, elle parlait un peu du nez et je descellais un léger cheveux sur la langue, mais en soit rien de bien dramatique. Si j'avais été plus jeune, moins préoccupé, un peu plus hétéro, ouai, je lui aurais certainement donné sa chance. Mais plus maintenant. Je laissais cette douce créature aux jeunes mâles en recherche de sensations fortes et nouvelles. Les premiers pas d'une sexualité en retard. Ouai. Elle était assez gentille pour être de celle qui prend pitié et accepte diligemment. Je lui adressais un sourire de façade, de ceux que l'on offre pour ne pas voir la clientèle s'en aller mais qui n'est en rien sincère. Le jeu des masques. Celui qui s'efface une fois le tablier raccroché et la grille du pub baissé. Là, à zigzaguer entre les tables, à souhaiter une bonne consommation et une bonne soirée aux clients présents, ouai, on aurait presque pu croire que j'aimais les gens et que j'étais social. Mon oeil. Aussitôt rentré chez moi que je me sentirais soulager de n'avoir pour seule et unique compagnie que celle de mon chien. Elle m'emmerdait pas à cacher son jeu elle au moins. Toute cette tension dans l'air, ce besoin de cacher mon sang, la bête en moi...parfois ça me rendait malade. Il y avait beaucoup trop e contradictions dans nos quotidiens. D'un côté on nous demandait de faire profil bas, de laisser les habitants de Glencullen en dehors du secret, pour les protéger. Mais en même temps, je ne comptais plus le nombre de fois où l'on m'incita fortement à embrasser ma nouvelle nature du plus profond de mon être. Comme faire si je devais sans cesse craindre de ne me faire débusquer et tuer ? Quelle situation ridicule.  

Je quittais la table de la jeune femme, la laissant rire auprès de ses amies après lui avoir apporté une bière plus à sa convenance. Elle m'adressa un clin d'oeil que je pris le soin de ne pas rendre. En retournant vers le bar, je lançais un regard furtif à la table du chasseur. Le pire, c'est qu'il était bel homme. Le destin avait décidément un humour dès plus douteux. L'espace d'un instant j'eu envie de rire au ciel, puis je me ressaisis et continuait mon service, ne pouvant m'empêcher d'épier l'homme, bien contre mon gré. Je devais être prudent, et agir ainsi n'était certainement pas la bonne façon de faire. Je devais arrêter de faire le con. J'avais besoin d'air, tout ces gens m'empêchaient de réfléchir convenablement. Toutes ces odeurs différentes, toutes ces voix et ces bruits. Mon état à fleur de peau m'empêchait de contrôler ce que j'entendais de ce que j'oubliais d'entendre. Je contournais le comptoir, rentrant rapidement dans les cuisine où je posais mes mains à plat sur la surface froide d'un des plan de travail. Je fermais les yeux, appuyant fortement sur mes paupières, comme pour calmer mon esprit. J'étais ridicule. Franchement, je me serais mis des claques. Je rouvrais les yeux, sentant une main sur mon épaule. Une collègue. Elle m'adressa quelques mots que je mis du temps à comprendre, parvenant difficilement à faire le tri entre sa voix et celle des clients dans la pièce d'à côté. Elle souleva un sourcil et répéta. Ma pause. Ouai. J'avais l'air pas bien ? Tu m'étonnes...je lui aurais volontiers confié que le gars qui avait failli me tuer quelques nuits auparavant buvait tranquillement sa bière à côté mais elle n'avait aucune idée de ce qui se jouait sous les visages ordinaires de ses compatriotes. Ô comme j'aurais aimé n'avoir jamais eu à entrer dans ce second monde. Ce cruel envers du décor. Je la remerciais à la hâte, m'emparant de mon perfecto en cuir et du paquet de clope que je laissais traîner au fond de mon sac. Je ressortais de la cuisine en grande hâte, poussais la porte menant à la cour et laissais derrière moi le brouahaha ambiant et tonitruant.

La nuit et ses ombres tombèrent sur mes épaules et sur ma vision trop peu affectée pour que je ne me sente décontenancé. J'étais seul. Un soupir de soulagement s'échappa de ma gorge alors que je fis quelques pas, enfonçant ma main dans la poche de mon jean sombre pour en sortir un briquet. Je vins m'adosser au mur de briquet, logeant à la hâte une cigarette entre mes lèvres charnues et alluma l'extrémité du bâton de la mort. Je rangeais à nouveau le briquet dans ma poche et tira longuement sur la cigarette. Je fermais les yeux, sentant la fumée investir l'intérieur de mon corps. Je laissais mon crâne reposer contre le mur auquel j'étais adossé et restais ainsi quelques secondes. Je sentais mon poux se calmer, reprendre le dessus. Le calme revint doucement prendre le dessus et je pu alors entendre les bruits de la nuit occuper la cour. Je sortis mon téléphone de ma poche et déverrouilla l'écran tactile afin de vérifier l'état de ma boite de réception. Pas de nouvelles de Hayden. Merde. Je lui avais pourtant dit que j'avais besoin de son avis sur le design d'un des personnage de notre projet. Ca faisait déjà plus d'une semaine...je n'aimais pas ça. S'était-il fait choper ? Je n'eus pas le temps de réfléchir plus amplement à la question, car la porte en face de moi s'ouvrit pour laisser apparaître...oh non. La surprise se plaqua sur mon visage tandis que la lumière du bar derrière son corps d'homme découpa sa silhouette de façon bien trop esthétique pour ne pas toucher l'artiste en moi.

Il était là. Devant moi. Fier et menaçant de toute son inconscience quant à mon identité. Wait. Pourquoi était-il là ? Je repris doucement la cigarette entre mes doigts pour la dégager de mes lèvres tandis que sa voix s'éleva dans le noir presque parfait de ce lieu bien trop petit pour nous deux. Les échos de son timbre me ramenèrent à sa voix agressive de l'autre nuit. Un frisson me parcouru. De quoi, je l'ignorais. Son regard se posa sur moi. Il attendait une réponse. Je ne la lui offris pas tout de suite. Je pris le temps de l'observer, de le détailler. Là, dans cette ruelle, je ne sentais plus l’oppression du pub. Je ressentais à nouveau la puissance dans mes muscles, l'animal dans ma mâchoire. J'aurais pu lui sauter dessus, là, dans le noir, en quelques secondes s'aurait été fini et on aurait rajouté son nom sur la liste des victimes des cinglés de la St Patrick. Tellement facile. Trop. Où était le challenge ? Le Khéops d'avant ne supportait pas de gagner si facilement. Il était fort, certes, le chasseur, mais j'avais l'avantage sur le terrain et sur nos identités. Là, je n'étais qu'un serveur. Un asiat' pas d'ici qui a peut-être un peu trop la cot' chez les femmes. Si seulement elles savaient...Ma réflexion prit fin alors que je plongeais à nouveau mes doigts dans ma poche, en ressortant le paquet de clope que j'avais rangé quelques minutes auparavant. Je l'ouvris d'un geste du doigt et le tendis au chasseur. Je préférais l'approche douce.
- où peut-être m'as-tu tout simplement tapé dans l'oeil ?
Ma voix grave et posée s'éleva à son tour dans la ruelle mal éclairée. Une phrase anodine et remplie de sous-entendus dont seul moi était conscient de la véracité tandis que je lançais les dés d'une partie qui n'allait pas tarder à débuter.           


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Jiang Li Zhao
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MessageSujet: Re: À sens unique feat. Khéops V.   Jeu 16 Juin - 3:54

Le silence qui suit aurait pu en être un de malaise, mais ce n’était pas le cas. Ils se toisaient un peu comme le prédateur et sa proie. L’analogie a quelque chose de séduisant pour Jiang Li en cet instant présent. S’il avait su ce qu’elle avait de vrai, il aurait vite changé d’avis. Mais pour l’heure, elle lui plaisait réellement. Il appréciait sentir ce regard sombre sur lui. Qu’il soit en amande le rassurait bêtement. Voyageur, certes... Mais tout voyageur qui aime son pays se sent vite dépaysé, voire même déraciné. C’était pire ici, les menaces auxquelles il était confronté étant plus graves et lui prenant plus de temps. Ses journées étaient longues et ses nuits auraient peut-être mérité qu’il prenne du sommeil, mais au contraire, elles étaient encore plus éreintantes. Cette petite beauté de l’orient lui redonnait un peu de coeur au ventre, lui rappelant les montagnes chinoises qu’il connaissait si bien. Non, il ne croyait pas cet homme Chinois. D’ailleurs, il se demandait bien d’où il pouvait venir, soudainement... Il y avait quelque chose de très exotique chez lui. Pas qu’il soit prêt à poser la question dans l’immédiat. Il y avait plus intéressant concernant cette petite discussion imprévue.

Une cigarette lui est offerte. Jiang Li ne regarde même pas la main tendue. Il reconnaît probablement au mouvement ou au bruit du paquet qui s’ouvre ce que c’est. Quoi qu’il en soit, il refuse d’un petit mouvement de la main sans quitter sa cible du regard. Les nuits étaient longues, comme dit précédemment... Jiang Li avait besoin de se changer les idées et il y avait mieux qu’un tube de nicotine néfaste pour sa santé. La réponse qui suit, par contre, est davantage intéressante. Un petit sourire en coin étire lentement les lèvres du Chinois. Peut-être que c’était effectivement la raison pour laquelle le bel Asiatique avait été quasi scotché au moindre de ses mouvements. Finalement, Jiang Li se détend un peu. Ses épaules se décrispent un brin au passage. Il était temps qu’il se mette sur « off », vraiment.

« Est-ce le cas ? », demande-t-il donc tout en arquant un sourcil, la mine amusée. Il redevient toutefois rapidement sérieux, parce que c’était tout simplement sa façon à lui d’être. Chassez le naturel qu’il revient au galop, comme ils disent. « Et pour ne pas m’approcher, tu t’es dit que je ne pouvais pas être du genre à apprécier le compliment, ou tu es plutôt timide ? »

Cette pensée l’amusait. Il n’aurait pas détesté une petite chose timide avec laquelle jouer cette nuit, mais quelque chose lui disait que l’homme qu’il avait en face de lui n’était pas de ces belles poupées innocentes qu’on aime croquer en une nuit. D’ailleurs, la belle voix grave et posée avait tout pour aller à l’inverse de ces suppositions. Mais c’était là une masculinité qui plaisait à Jiang Li, peut-être parce que la belle silhouette qui l’accompagnait était fine et non pas bâtie comme un charpentier.

« Jiang Li. Je ne suis pas dans le coin depuis longtemps. », se présente finalement l’homme, s’approchant de quelques pas de l’autre, sans se presser non plus, comme un loup tournant autour de sa proie. C’était ironique, n’est-ce pas ? Quelques pas de plus les rapprochent. Encore deux et ils sont presque torse contre torse, le mur empêchant cette petite beauté exotique de fuir. La fumée de la cigarette gâche peut-être un brin le bouquet agréable qui lui venait, effluves de parfum, de gel douche et d’autres produits de soin, mais pas assez pour le faire fuir non plus. « Je n’ai pas encore eu le temps de goûter aux saveurs locales. Qu’est-ce que tu me conseilles ? »

Le jeune homme voulait jouer ? Jiang Li n’avait pas peur d’en faire de même, voire même de saisir le taureau par les cornes. De toute façon, s’il avait été gêné par ce genre d’échange entre hommes, il n’aurait pas ouvert le bal, n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: À sens unique feat. Khéops V.   Dim 26 Juin - 17:41


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lundi soir ± 22:30
Je ne m'étais jamais senti chez moi nul part. Le Caire me mettait mal à l'aise malgré mon attrait et mon admiration pour les cultes mythologiques de l'Egypte antique, j'avais d'ailleurs pendant longtemps voulu devenir archéologue ou professeur d'histoire égyptienne. Mais les rêves d'enfants et les tombeaux de la vallée des rois avaient rapidement perdus de leur superbe le jour où j'ai quitté mon Eygpte natale. On aurait pu croire que le mal du pays ne me frappe aussitôt un pieds posé dans l'avion. Mais non. Le Caire ne m'a jamais manqué, du fait que je ne m'y sois jamais senti chez moi. Trop de souvenirs complexes peut-être, ou tout simplement aucune attache ne valant le coup de se sentir mieux là-bas qu'ailleurs. J'y avais pourtant laissé mon père, ce n'était pas rien. Un homme à qui je devais l’existence. L'honneur aurait voulu que je reprenne contact avec lui, que je réponde à ses lettres toujours plus nombreuses au fil des années. Puis un jour il n'y en avait plus eu. Je soupçonnais son décès, ou son abandon. L'un étant aussi plausible que l'autre. Il avait toujours eu le chic de se faire passer pour plus présent qu'il ne l'était. Des lettres, c'était tellement facile. Du papier, de l'encre, quelques minutes de rédaction et voilà, c'est fait. Mais où avait-il été quand ma mère était partie ? Où est-ce qu'il était ces longues nuits où j'attendais son retour, le ventre creux et la peur qu'il lui soit arrivé quelque chose ? Où était-il lors de mes premiers chagrins d'amour ? Avait-il était présent pour panser mes blessures ? Un enfant avait besoin d'attention, de temps consacré, de présence. Un enfant avait besoin de ses parents. L'une était partie, l'autre ne revenait pas. Je m'étais élevé seul jusqu'au jour où Amsterdam m'appela à elle. Mais Amsterdam, ce n'était pas chez moi non plus. J'y suis arrivé jeune adolescent, j'y ai découvert trop de vices, trop de prédateurs. J'y suis devenue quelqu'un de mauvais. J'y ai perdu une partie de moi, de cette innocence qui faisait de l'enfant que j'avais été quelqu'un d'a peu près correct. Je n'ai jamais eu le culot de dire que j'étais quelqu'un de bien. Ce serait prendre les gens pour des cons. Et même si je devais bien avouer que c'était très distrayant de voir quelqu'un s'empourprer dans ses filets, je m'étais promis de mettre un terme à ces agissements en arrivant à Glencullen. Encore un lieu où après plus de deux ans, je ne parvenais toujours pas à me sentir chez moi. Que fallait-il que je fasse pour enfin trouver la paix d'un foyer ? En avais-je ne serait-ce que la possibilité ? Est-ce que j'étais voué à airer sans cesse sur cette planète à la recherche de ma place ?

Mais mon chasseur, mon Némésis. Il avait ce visage qui me rappelait le mien, ces yeux qui me rassuraient de façon si ironique. Il voulait ma mort sans le savoir. Du moins, pas encore. Un jour peut-être, sûrement. Je ne le pensais pas assez stupide pour rester dans l’ignorance bien longtemps. Jusque là, je comptais rester sur mes gardes et qui sait...peut-être profiter un peu de cette familiarité qui régnait au creux de la peau doré de l'homme. Là, face à moi, bien trop près pour que mon calme ne soit total, j'avais pourtant confiance. Confiance que tant qu'il ne saurait pas, je ne risquais rien. C'était bien la première fois que je pouvais être sûre à ce point de la non-dangerosité d'une personne. Je savais pouvoir lui faire face. Son boitillement encore palpable ne me renvoyait que trop bien notre confrontation à force égal. Que le chasseur et le la proie survivent tout deux à l'affrontement...voilà qui n'était pas commun. Nous étions deux à pouvoir compter l'histoire, nul n'était vaincu, nul n'était vainqueur. Ce n'était qu'un "à la prochaine"...une prochaine fois que je voulais et ne voulais pas voir arriver. Parce que là, à le voir si près, à entendre sa voix glisser le long de mes tympans sans que ce ne soit des menaces ou des souffles précipités...je découvrais un homme que je ne voulais pas connaître. Non, je ne voulais pas savoir qui était l'homme, il devait rester le chasseur à abattre. Pas une figure sympathique, pas quelque chose d'attrayant, je ne devais pas me mettre à le regarder comme je pouvais regarder qui que ce soit au quotidien. Parce qu'il n'était pas n'importe qui. Il était le danger. Et le danger, malheureusement pour moi, j'aimais ça.

Je le sentis se détendre, ses muscles se décontracter quelque peu, ses yeux s'apaiser. Comme si il avait été sur ses gardes jusqu'à ce que je n'émette le moindre son. Comme un animal suspicieux jusqu'à ce qu'il ne reconnaisse la personne face à lui, où la friandise dans les mains d'un inconnu. Peut-être que nous nous reconnaissions d'une certaine façon, deux hommes coincés dans un trou perdu où trop de choses se passait. Peut-être que nos pores se souvenaient encore de l'autre, peut-être que nos fragments d'êtres se rappelaient...se rappelaient des contacts violents échangés sans pour autant pouvoir admettre à 100% une haine affirmée. Peut-être que je ne le détestais pas tant que ça. Mais il m'en faudrait beaucoup pour que je daigne voir l'évidence. Il restait le chasseur, je restais la bête. C'était comme ça. Son air amusé eu beau éveiller en moi certains désirs que je refrénais au plus vite, je ne pu m'empêcher de répondre en un bref sourire en coin.
- J'étais en service. En soit, pas vraiment le meilleur moment pour faire du charme. Je doute que ton truc ce soit les pintes de bière et l'odeur du bacon grillé.
Dis-je d'un ton moqueur avant de tirer une bouffé de fumée. Je levais les yeux au ciel quelques secondes afin d'apprécier les effluves avant de laisser la fumé s'échapper à nouveau. Lorsque mes yeux rencontrèrent à nouveau le visage et la peau éclairé par la lumière nocturne de l'homme, je ne pu m'empêcher de le trouver terriblement beau. Quelle putain d'ironie. Jiang Li. C'est donc ainsi que se prénommait ma proie à moi. J'étais partagé entre l'envie d'en savoir encore plus, et le fait que je ne devais pas me permettre de me rapprocher d'une personne dont j'étais sensé vouloir la mort. Car lui, lui n'hésiterait pas une seconde. Savoir mon prénom, mon métier, mes passions, mon histoire...rien ne le retiendra de me poignarder d'une dague en argent en plein cœur, de me trancher la tête comme si je n'étais qu'un vulgaire coq. Son corps était trop proche du miens, j'aurai du le repousser, lui faire croire que j'étais gêné, qu'il ne me faisait rien du tout, que ma pause était finie...mais loin de tout ça, je me contentais de le laisser s'approcher. Approches jeune chasseur, viens dans l'étreinte du grand méchant loup.
- Khéops. Je suis dans le coin depuis un peu plus longtemps. Les bruits courent vite, nous aurions fini par nous croiser un jour ou l'autre.
 Comme ce soir où mes crocs rencontrèrent sa chair, où nos transpirations ne formèrent qu'un amas de forces contraires. Notre combat fut l'égal d'un ébat dont l'optique n'était que la mort. Qui était-il en dehors du chasseur ? Sa rage de tuer était-elle du même acabit envers un amant ? Quel était le taux de risque à se laisser prendre par les pulsions d'un être envers un autre ? Peut-être notre lieu d'extermination n'était pas le sol boisé et couvert d’aiguilles des forêts alentours...
- Tu devrais consulter un guide touristique. Pour le moment je cherche encore ce qui vaux la peine d'être vu ici. Je t'aurais bien dit que la nourriture du coin est à tomber, que les paysages sont uniques et que la population ne demande qu'à partager son histoire...mais je suis du genre honnête. Si t'es venu pour la gastronomie et l'abondance culturelle, je crois que t'as pris une sortie trop tôt sur l'autoroute.

Mon ton sarcastique pointa le bout de son nez de-ci de-là avant de retourner se cacher au creux de mon humour naturel. Ironie. J'étais pas quelqu'un de drôle. J'avais essayé, pendant un temps, mais autant dire que c'était peine perdue. L'humour forcé ennuie et ce n'était pas bon pour ma carrière à l'époque d'ennuyer les interlocuteurs. A ce moment-là, seul l'admiration comptait. Ça et les opportunités montrées du bout des doigts. Le profit, c'est comme ça que ça marchait. Non autrement. Les petits rigolos ne faisaient pas long feu. Ils se faisaient rapidement bouffer par les loups. Ironie, encore. Ma main droite sortie de la poche de mon jean foncé afin que mes phalanges zébrées de cicatrices devenues claires avec le temps se saisissent de la cigarette entre mes lèvres, la laissant tomber au sol, l'écrasant avec ma chaussure afin d'abréger sa combustion.           


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À sens unique feat. Khéops V.

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